Tikao Ernistad Numéro d’identification: TI-806
Secteur des éclaireurs
Sous-section des fées
Quartier B des Lilliputiens
Éclaireuse TI-806,
Vous nous voyez sincèrement désolés d’apprendre la condition dont vous portez le poids depuis la dernière bataille. Étant donné les circonstances qui vous accablent, il ne va pas sans dire que nous nous voyons dans l’obligation de vous donner votre congé. Vous n’êtes pas sans savoir que le souffle de Modrias est une affliction pour laquelle nous n’avons à ce jour aucun remède. Bien qu’étant une de nos éclaireuses élites, sans vos pouvoirs magiques, vous ne ferez pas long feu sur le front. Votre capacité à vous défilez et à vous cachez ne saurait vous protéger de nos ennemis redoutables. Vous pouvez bien voler et esquiver les coups tant que vous voudrez, mais votre constitution n’est pas des plus fortes. Qui plus est, votre caractère imprévisible et votre nature obstinée ne peuvent que s’avérer explosif pour nos opérations futures. Vous comprenez donc qu’il est dans le meilleur intérêt de tous de vous décharger de vos fonctions. Vous êtes libre de retourner parmi les vôtres ou de demeurer dans le village. Un coucher de soleil vous sera alloué pour vider vos quartiers. Le cas échéant, des transports seront à votre disposition.
Cordialement,
Le conseil exécutif de l’ordre des Ardennes
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Derrière une fenêtre de la forteresse de pierre, une petite créature ailée s’agitait dans ses quartiers. Les mouvements incessants de ses ailes de libellules trahissaient les émotions qui régnaient en elle. D’à peine six pouces de haut, la créature à la chevelure d’ébène volait autour de la pièce comme pour vérifier si rien n’avait été omis ou serait-ce pour garder en mémoire ces lieux si familiers qui pour les six dernières années avaient finis par signifier chez soi. Finalement, elle traversa le seuil de la porte en jetant un dernier coup d’œil par-dessus l’épaule. Rien ne témoignait de l’occupation antérieure des lieux si ce n’était que d'un petit bout de papier laissé là sans le savoir.
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Conseil exécutif de l’ordre des Ardennes
Quartier général
Membres du conseil exécutif,
Sauf votre respect, je désapprouve fortement votre décision quant à la manœuvre prise pour remédier aux répercussions de la dernière bataille. Si cela n’avait été que moi, je comprendrais, mais le fait est que le quart des troupes a été atteint de ce mal. Je ne peux croire que vous allez laisser ainsi une centaine de bons soldats. Il est temps que quelqu’un passe à l’action. Je pars de ce pas vers les lointaines contrées. Je trouverai de quoi soigner ce fléau même si c’est la dernière chose que je ferais.
Je ne suis pas naïve. J’ai pleinement conscience que bon nombre d’entre vous n’attendaient que cette occasion pour se débarrasser des réticents comme moi. Il y a de cela très, je suis entrée en service dans l’espoir d’aider ce qui était juste et bon . Avec les années, j’ai dû me rendre compte que la ligne entre le bien et le mal n’est qu’en fait une fine poudre qui s’envole au moindre trouble. Contrairement à ce que vous insinuez, je ne suis pas totalement inepte, mais vous avez raison lorsque vous dites que ce serait mieux pour tout le monde si je m’en allais. Dans cela, vous avez raison. Je reviendrais ne vous inquiétez pas. Soyez certain de cela. Et ce jour-là, je vous promets que les choses vont changer. Adieu,
Éclaireuse T. E
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Un léger vent s’insinua discrètement dans la pièce et avec la douce manière dont le sommeil prend les hommes, emporta la lettre meurtrie vers des destinations inconnues.